body of water under blue and white skies

Si c’était à refaire, je ne ferais pas d’enfant

Si c’était à refaire, je serais restée fidèle à mon envie : ne pas avoir d’enfant. Aucun. Jamais.

Je ne dis pas ça sur un coup de tête, parce que je suis peut être en burn out maternel, ou dans une période sensible. C’est un fait. Une évidence qui est là depuis presque 8 ans. Qu’il est socialement indécent de dire.

Quand j’en parle, on me répond : « Mais c’est normal d’avoir envie des fois de les jeter par la fenêtre ». Oui, ça l’est, ça m’arrive aussi. Sauf que moi, c’est pas de ça que je parle.

Des enfants je n’en voulais pas.
Je ne voulais pas être mère, encore moins être une mauvaise mère.
Je ne voulais pas d’enfant qui sont des entraves et des contraintes, des êtres qui dépendent de vous constamment et surtout je ne voulais abîmer personne.

Pourquoi j’en ai fait ? Parce que la personne qui allait être mon mari pendant presque 10 ans en voulait, et m’a dit que je ne serais pas seule. Que nous serions parents à deux. Et j’ai été assez naïve pour le croire et sauter le pas de l’envie et en avoir.

Maman solo je l’ai d’abord été à l’étranger entre 2 et 3 mois par an les cinq premières années lorsque son/leur père partait en mission à l’autre bout du globe (la première fois l’Ainé avait 3 mois et son père est parti une semaine sans téléphone portable).

Maman solo je le suis maintenant en France une semaine sur deux depuis l’été 2013.
C’est à la fois un calvaire et une libération.

Le matin quand ils se lèvent ma première pensée est de me projeter à mon prochain moment sans eux : l’école, la sieste…
Lorsque je les récupère le vendredi, mon objectif est de tenir jusqu’à la semaine suivante.

Au quotidien, je les supporte, sans les détester, je les vis comme une contrainte ou un travail.
Je n’ai souvent pas de plaisir à avoir des enfants. Tout au plus de la satisfaction (parfois très bonne) à avoir bien fait mon « travail de mère ». Je les vois grandir, s’épanouir, devenir de belles personnes. J’en ressens à l’occasion de la fierté, le sentiment que toute mon énergie dépensée dans leur éducation n’est pas vaine.

Probablement des élans d’amour. En tout cas je suis bien consciente qu’ils en ont besoin, donc je leur donne ce que je peux, des mots d’amour et des câlins, les plus sincères possibles. Je prends soin d’eux, je fais de mon mieux pour être à la hauteur de mes standards. Surement que j’ai l’air d’une bonne mère, même (si on est pas témoin de mon manque de compassion).

Mais je ne pense pas à eux lorsqu’ils sont la semaine chez leur père. Je ne me demande pas ce qu’ils font, s’ils vont bien. Ils ne me manquent pas. Je n’ai ni le besoin ni l’envie d’avoir de leur nouvelles.

J’ai passé 3 semaines sans eux cet été. Il n’y a rien que j’ai regretté de ne pas avoir partagé avec eux. Si je pensais à eux c’était avec soulagement qu’ils ne soient pas là. Vers la fin de la troisième semaine je me suis demandée quand même comment le Cadet (3,5 ans) aurait changé. De la dire qu’il me manquait…

Bientôt je les récupère ; je mettrai mon costume de Super Maman, celle qui prend sur elle et fait sincèrement tout ce qu’elle peut pour leur fournir ce qu’elle peut et qu’elle pense être le meilleur.
Parce que le pire pour moi serait d’être une mauvaise mère. De n’en avoir rien à faire et de les laisser pousser comme des herbes folles.

Alors je prendrai une grande inspiration, je serrerai les dents avec un objectif : tenir jusqu’à la fin de la semaine, puis enfin respirer à mon rythme, jusqu’à la fois suivante.


Et je ne suis pas la seule. Voir aussi Je me suis fait un enfant dans le dos sur rue89.nouvelobs.com

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